Hey Joe, where you goin’ with that gun in your hand?

•23 novembre 2009 • 2 commentaires

Ou comment la Seattle Craig Diffenbach Company s’est vue contrainte de retirer son produit phare, la Vodka Hendrix Electric, du marché…

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Ce n’est pas tout d’avoir une bonne idée, puis de la concrétiser dans un beau produit, au beau packaging avant de la lancer sur le marché. Encore faut-il posséder TOUTES les autorisations, en règle, pour le faire ! Voici l’exemple flagrant d’un échec commercial.

Craig Diffenbach, ami avec le frère du défunt Jimi Hendrix, décide de commercialiser une vodka qui porterait le nom célébrissime guitariste gaucher. Leon Hendrix, le frère, donne son accord.
La vodka est produite, embouteillée dans la bouteille Axel de Saverglass, recouverte d’un décor en dégradé violet reprenant le visage de Jimi Hendrix. Le produit est magnifique et lancé sur le marché.

Vodka Electric Hendrix

Seulement voilà. Craig Diffenbach n’avait pas prévu que la personne qui détient tous les droits sur l’héritage de Jimi Hendrix n’était pas son frère mais sa  sœur adoptive, Janie. Le père de Jimi Hendrix, ayant-droit en 1970 à la mort de son fils, avait stipulé sur son propre testament que Leon ne pourrait pas toucher un centime sur l’héritage du chanteur.
Janie Hendrix attaqua donc la marque en justice au motif que les noms “Jimi Hendrix”, “Electric Experience” sont des marques déposées et  protégées et qu’elles avaient été utilisées sans accord préalable. De plus, elle qualifia l’utilisation de l’image de son frère pour promouvoir une vodka alors que celui-ci est décédé d’une overdose de barbituriques et d’alcool de “sike joke” (comprenez “plaisanterie macabre”) et que l’entreprise ne pouvait cautionner une telle association.

Voici donc une bataille juridique de plusieurs années engagée. Jusqu’à son dénouement en février dernier où la cour fédérale a condamné la Seattle Craig Diffenbach à retirer le produit du marché et à verser de 3,2 millions de dollars (2,1 millions d’€) de dommages et intérêts aux héritiers.

Dommage, car le packaging de cette vodka était vraiment beau, avec son dégradé et son satinage. Et je ne suis pas sûre que ce cher Jimi eût détesté de se retrouver sur cette bouteille. Pas plus en tout cas que sur des vêtements pour bébé, des décorations de Noël ou un parfum d’ambiance (version cigarette qui fait rire?)… Question de point de vue sûrement.

A la semaine prochaine pour une nouvelle histoire.

La guerre des bouchons

•22 novembre 2009 • Un commentaire

Chers amis lecteurs,
vous aurez sûrement remarqué, depuis le début de mon aventure sur la blogosphère, que j’ai un net penchant pour les bouteilles. Non, ce n’est pas dû à un alcoolisme judicieusement dissimulé, loin de là !, mais bien à un attachement profond à ce mode de packaging.
C’est pour cette raison que vous ne m’en voudrez pas, j’en suis sûre, de dévier un peu de mon thème principal pour m’attaquer à l’épineuse question des bouchons sur les bouteilles de vins.

Vigne des vignobles de Saint-Emilion ©A.Demotier

La guerre des bouchons est déclarée. Jusqu’ici, notre bon vieux bouchon en liège avait résisté à toutes les critiques, faute de solution de remplacement adaptée. Mais voici qu’arrive depuis peu sur le marché le bouchon à vis et qu’il prend de plus en plus d’importance.

Tout allait bien dans le meilleur des mondes : le bouchon en liège pour le vin, le bouchon à vis pour les spiritueux (à quelques exceptions près comme le cognac). Mais voici que les nouveaux modes de consommation et les vins du “nouveau monde” (entendez par là vin d’Australie, de Nouvelle-Zélande, des États-Unis) ont bousculé toutes les habitudes de notre vieille patrie.

On a tout d’abord crié au scandale : “comment ça, des bouchons à vis pour nos vins? Mais vous n’y pensez pas? “  Ça relevait même du crime de lès-majesté. Imaginez  donc ouvrir un Château Neuf-du-Pape ou un Château Margaux sans le fameux “plop”, qui fait partie intégrante du cérémonial de dégustation. De ne pas pouvoir porter le bouchon à votre nez pour le humer et commencer à éveiller vos sens. Le sommelier aura certes moins de prestance et de classe à ouvrir un bouchon à vis !
De plus, un bouchon en liège de qualité se doit de ne laisser passer ni odeurs, ni mauvais goût et encore moins de se détériorer avec le temps. Le vin doit respirer na-tu-rel-le-ment !

Vin de garde dans une cave de Saint Emilion ©A.Demotier

Mais voilà, le bouchon en liège a ses détracteurs : on lui reproche de bouchonner le vin, surtout celui de garde, et qu’il conviendrait mieux aux vins de faible conservation et encore. Il est sûr qu’ouvrir une bouteille qu’on a laissé maturer cinq ou dix ans dans sa cave et qui se révèle être bouchonnée est une déception.
La capsule à vis offre des garanties de conservation non négligeables grâce à son étanchéité mais permet aussi, dans une société où la consommation d’alcool est de plus en plus montrée du doigt, de pouvoir fractionner sa consommation en ouvrant et refermant facilement la bouteille. Des viticulteurs de Saint Emilion Grand Cru ont même fait le choix de la capsule à vis, preuve que le liège n’est pas indétrônable.

Cette question pourrait rester à l’état de débat rhétorique si les deux prestigieuses maisons d’épicerie fine de la place de Paris ne se disputaient pas à ce sujet ! Hédiard pour le bouchon en liège et Fauchon pour la capsule à vis.

Vin blanc Madame Fauchon capsule à vis ©Fauchon

Il s’agit également d’une question de culture et de mentalité. Saviez-vous qu’en Australie, un vin avec un bouchon à vis est synonyme de haut de gamme tandis que le liège correspond à des vins bas de gamme?

Mon avis sur la question? Le liège est mieux adapté aux vins de longue garde et prestigieux qui méritent un cérémonial autour de leur dégustation. Mais l’apparition des nouveaux formats dégustation (25cl, 50cl), l’export de produits et l’adaptation aux différents marchés nécessitent une réflexion sur l’utilisation de la capsule à vis. Nous ne pouvons pas exporter nos vins sans prendre en compte les spécificités des autres marchés.

Et vous, chers lecteurs? Qu’en pensez-vous? Que préférez-vous? J’aimerais avoir votre avis sur la question ! Vous avez jusqu’au 1er décembre pour voter au petit sondage ci-dessous !


La Cooperative Design

•22 novembre 2009 • Laisser un commentaire

Il y a quelques temps, je vous ai proposé un article sur la conférence de Frédéric Rossi-Liegibel à propos des innovations packaging.
Aujourd’hui, je vous propose de nous arrêter plus longuement sur la Cooperative Design dont il est le créateur.

Logo de la Cooperative Design©


L’origine de la Cooperative Design est basée sur un constat : il existe à Paris un savoir-faire dans le domaine du design qui mérite d’être valorisé et qui peut répondre aux besoins des entreprises qui recherchent la souplesse et la réactivité de structures moins importantes, mais tout aussi efficaces, que les grandes agences.

Il s’agit d’accueillir créateurs, designers, typographes dans le dixième arrondissement de Paris, boulevard Magenta, pour leur offrir un lieu de création, de travail mais également une visibilité. Le principe d’être « ensemble mais libre » en quelque sorte.

La Cooperative Design, forte de son label « Paris, capitale de la Création » reçu en septembre dernier, veut défendre et promouvoir les métiers du design et notamment la spécificité parisienne. Protectionnisme ? Pas du tout. Plutôt la reconnaissance de ce savoir-faire dont nous parlions un peu plus haut. Ce petit « je ne sais quoi » de français qui nous permet d’être reconnu à l’étranger. Car on ne peut pas « bien créer » si on ne s’ouvre pas sur le monde.

Le collectif regroupe donc plusieurs noms, connus ou qui montent : Atelier 3D Couleur, BETC Design, Blend, Business Madame, Demoniak, Idoine, Jacob+MacFarlane, Karine Arabian, Matali Crasset, Nord, Nouvel œuvre.

Je trouve l’initiative intéressante et méritoire car certains métiers du design relèvent encore de l’artisanat, parfois de la confidentialité. D’autres (comme celui de typographe) sont en passe de disparaître. Il est donc nécessaire de les sauvegarder tout en les faisant évoluer et en leur donnant une utilité, un rôle social et économique. C’est le challenge que tente de relever Fréderic Rossi-Liegibel au travers de la Cooperative Design.

Pour en savoir plus, je vous invite à découvrir le site à cette adresse : http://www.cooperativedesign.fr/menu.html
Ainsi que le blog à cette adresse : http://cooperativedesign.wordpress.com/

Retrouvez l’article sur la conférence de Frédéric Rossi-Liegibel sur les innovations packaging à cette adresse :
http://ecrinsdesaveurs.wordpress.com/2009/11/02/conference-de-frederic-rossi-liegibel-de-la-cooperative-design/

Revue de presse

•18 novembre 2009 • 4 commentaires

Mon blog dans la revue de presse du site du Whif

Mon article consacré au Whif , produit découvert au Salon du Chocolat (http://ecrinsdesaveurs.wordpress.com/2009/10/22/est-ce-que-vous-whiffez-salon-du-chocolat-partie-1/), figure dans la revue de presse sur le site du produit, dans la rubrique “Presse” : http://www.lewhif.com/fr/index.html

Petite fierté que j’avais envie de vous faire partager !

A très bientôt.

Aurélie

La success story Grey Goose

•16 novembre 2009 • Un commentaire

Débarrassez-vous de vos clichés : non, la vodka n’est pas nécessairement produite en Russie et en Pologne. La preuve ? La success story Grey Goose qui ouvre notre série sur les vodkas premium, que je vous propose désormais tous les lundis.

S’appuyant sur le prestige dont les produits français bénéficient aux Etats-Unis, Sydney Frank, américain d’origine, eût l’idée géniale de créer une vodka haut de gamme de fabrication française. Depuis 1997, cette eau de vie est distillée à Cognac, région historique des spiritueux, par H.Mounier, référence incontournable du secteur (Cognac Prince Hubert de Polignac). Bacardi rachète ensuite la marque Grey Goose à Sydney Franck en 2004, pour un montant que l’on murmure s’élever à 2 milliards de dollars…

Bien que Grey Goose se situe en troisième position en terme de vente, derrière Absolut Vodka et Smirnoff, elle n’en est pas moins le leader mondial des vodkas haut de gamme. Et en cinq ans, depuis 1999 date du lancement, la marque a multiplié son chiffre d’affaires par trois. Mais Bacardi a le culte du secret et difficile de trouver le montant exact.

Si nous nous penchons maintenant sur les caractéristiques du packaging, que nous révèle l’oie grise ?
La bouteille est une Ariane de chez Saverglass, revêtue d’un satinage partiel avec fenêtre représentant une oie. Puis 4 encres composent le décor des montagnes que l’on peut admirer au travers de la fenêtre laissée vierge de satinage. Mais au lieu d’être imprimé sur la face avant, le décor est en fait imprimé sur l’arrière ; challenge technique si besoin est de le préciser.

Un bandeau bleu, blanc, rouge indique très clairement la provenance du produit, accompagné de la mention « produced and distilled in France ». L’accent est mis sur le prestige français, comme le souhaitait Sydney Frank à l’origine.
Les montagnes évoquent la nature, l’air pur, le froid qui correspondent à l’imaginaire de la vodka qui se sert glacée.
Pourquoi l’oie alors ? Symbole du voyage, de la découverte, du retour, l’oie est également…symbole de gastronomie française et de prestige. La boucle est bouclée.

La bouteille est livrée dans un étui dont le décor de montagne est repris sur le bas.

Le conditionnement est proposée en 37,5cl, 50cl, 1,75 litres, 4,5litres et 6 litres. La marque a également procédé à un élargissement de gamme avec une déclinaison de quatre saveurs : orange, vanille, citron et poire.

Grey Goose poursuit ainsi son ascension fulgurante grâce à un marketing agressif face à ses concurrents. Elle a d’ailleurs ouvert en 2005 un bar de glace et marche directement sur les plates-bandes de son plus célèbre concurrent, Absolut Vodka, du groupe Pernod Ricard.

Je vous invite également à découvrir le site de mon camarade Simon, Ivre de Pub, qui traite de la communication des marques d’alcool : http://comalcool.wordpress.com/

Et je ne vous le répéterai jamais assez : l’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.

A lundi prochain.

La bouteille Grey Goose